LES CANARIES / LAS PALMAS DE GRAN CANARIA
1

Notre escale Canarienne n'aura pas vraiment été une escale de rêve. En effet, nous sommes arrivés avec pas mal de choses à régler sur le bateau, et cela nous a obligé à rester presque 3 semaines dans le même port, Las Palmas, sur l'île de Gran Canaria.

L'anémomètre ne marchait plus, son écran extérieur ayant pris l'eau. Heureusement, un représentant de la marque se trouvait là, et après 10 jours de guerre (eux estimant que l'eau était entré à cause d'une mauvaise installation, et nous estimant qu'il y avait un défaut d'étanchéité de leur boîtier), et que des photos de mon installation soient remontées jusqu'au siège en Suède, ils ont accepté de le changer.

Le radar ne donnait plus signe de vie ! Encore une fois, heureusement, un représentant de la marque était sur place. Matthieu a donc démonté le radôme, en haut du mat, démonté le gros écran, et emmené le tout en vélo à l'autre bout de la ville. Tout cela pour que 1 semaine et 30€ plus tard, ils nous disent que le radar... fonctionnait très bien ! Il a fallu tester le câble qui allait du mat à la table à carte, en testant chaque fil au multimètre, pour constater que le câble fonctionnait à merveille... De dépit, on rebranche le tout, et hop, évidemment, le radar refonctionne à plein régime !! Que comprendre ??

Puis vint l'installation du dessalinisateur, petite machine miracle qui fait de l'eau douce avec l'eau de mer, nous rendant totalement autonome. Acheté sur place, livré de France en 3 jours, il fallu tout de même 2 jours et 18m de tuyaux pour l'installer ! Mais quel bonheur de pouvoir disposer d'eau douce à volonté, ou presque !

Soizic, après avoir parcouru la ville et les zones industrielles de la région, nous a trouvé une entreprise capable de découper une vitre résistant à la chaleur. Oh miracle, nous récupérons donc un four en parfait état de marche.

Une fuite d'eau (liaison pont/hiloire pour les spécialistes) nous ennuyait beaucoup. A chaque grosse pluie, ou grosse vague, de l'eau coulait sur notre réchaud, le faisant rouiller à vitesse grand V. Nous avons réussi à en venir à bout en grattant cette liaison un peu ancienne, et en rebouchant le tout à l'aide de mastic marin. Et hop, re re re miracle, plus une goutte ne filtre. Nous pouvons donc dérouiller le réchaud de A à Z, et notre cuisine reprend des couleurs.

Il fallu attendre 2 semaines pour recevoir de France un vérin de rechange pour le pilote automatique (le nôtre ayant un défaut de fabrication). Mais ainsi, nous repartons avec un vérin neuf. Merci à Lecomble et Schmitt pour leur sérieux.

Nous avons même dépanné un bateau au mouillage qui n'arrivait plus a remonter son ancre. Il avait une bouteille de plongée, mais n'osait pas plonger dans cette eau dégueulasse de port industriel, ou on ne voit qu'à 10cm. Matthieu accepta d'aller patauger la dedans, et dépatouilla par 10m de fond, cette chaîne qui s'était emberlificotée autour d'une masse indéterminée de plus de 3m de haut. Cela dit, ça n'était pas une plongée plaisir, entouré de vase en suspension au moindre mouvement, et sans vision, même à la lampe torche.

Inutile de poursuivre la liste des différents travaux accomplis, sachez qu'ils furent très nombreux, et que notre retard vint surtout de la lenteur des transporteurs internationaux. Mais en récompense à notre patience, nous repartons avec un bateau regonflé à bloc, ou peu de problèmes subsistent.

Bien sûr, nous n'avons absolument pas profité des Canaries. Pour y être déjà allé il y a quelques années, nous savons que ce sont des îles magnifiques, très variées, propices à de nombreuses randonnées. Les gens y sont très accueillants (enfin sur les îles les moins touristiques comme La Gomera, Hierro, Palma, Graciosa), le climat idéal, et l'ambiance très… antillaise.

Nous avons tout de même profité du WOMAD (World Of Music, Art and Dance), festival gratuit de tout plein de choses en plein-air, dans une ambiance très fête de l'huma.

Nous avons également copiné avec Jimmy, un anglais fort en couleur, seul sur sa goélette de 17m. Sacré personnage, qui soutient avoir 28 ans, tout en en ayant certainement le double, grand sentimental (au bord des larmes en nous voyant partir), grand cuisinier, et qui réserve pas mal de surprises. Il nous a permis de rencontrer une bande d'anglais avec qui nous avons passé quelques mémorables soirées.

Mais nous avions hâte de partir au plus vite, cette grosse ville industrielle et bruyante, ce port qui salissait notre coque beaucoup trop vite, et ces bateaux bien trop nombreux au port comme au mouillage ne nous retenaient pas. Après un gros marché d'avitaillement de fruits et légumes, charcuterie et fromage, nous nous lançons pour notre plus longue traversée à ce jour, vers les îles du Cap Vert.

10
11
12
13
14
15
16
17
18
18