LE BELIZE

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Nous ne savions que peu de choses sur le Belize avant d'y pointer notre étrave. Comme la plupart des gens, nous n'aurions su le pointer sur une carte quelques mois auparavant. Et pourtant, plus nous nous en rapprochions, et plus l'expérience semblait intéressante. En effet, le Belize comporte la deuxième plus longue barrière de corail du monde, 3 des 4 seuls atolls de l'hémisphère Nord (le 4ème se trouvant au Mexique), et des eaux translucides pour la plongée. Tout cela encore très peu visité, car bien sûr, très difficilement accessible.

Nous sommes arrivés le 30 avril, et notre première impression fut plutôt négative : impossible de mouiller face à Belize City, beaucoup trop de houle, nous avons donc été obligés d'aller à une marina éloignée de 10km de la ville, en pleine cambrousse. Et là, isolés, nous étions une proie facile pour les astucieux locaux : du taxi qui multiplie le prix par 3, aux autorités maritimes, sanitaires et des douanes, qui demandent 10 dollars chacun pour le déplacement, alors qu'ils viennent en voiture officielle, nous n'avons pas passé une excellente journée. En plus, Belize City était partout décrite comme une ville dangereuse...

Il n'en fut rien, et ayant pas mal, comme d'habitude, de soucis techniques à régler, nous nous sommes beaucoup promenés dans la ville, sans aucun sentiment de danger, et ne rencontrant que des gens sympas. Notre plus surprenante rencontre fut celle d'une chinoise, tourneuse, qui nous fabriqua parfaitement un adaptateur pour remplir nos bouteilles camping gaz en les transformant en bouteilles américaines.

Evelyne, notre amie de France, nous a rejoint le 2 mai, pour 7 semaines, et 2 journées techniques furent encore nécessaires avant de pouvoir pointer vers les îlots...

Après quelques îlots de sable blancs et cocotiers, ou les fonds étaient déjà très apetissant, nous sommes arrivés à Turneefe Island, atoll plutôt mangrove que cocotiers, aux eaux peu claires, qui nous a un peu déçus. De plus, hyper mal cartographié, nous avons eu beaucoup de mal à le traverser, plantant le bateau plusieurs fois sur ses fonds trop trop juste. Ca commençait bien pour Evelyne, qui se demandait ou elle avait mis les pieds !

Puis, nous sommes partis vers Lightouse Reef, que nous avons atteints après 18 heures de navigation très musclée, obligés de tirer des bords. L'arrivée, en pleine nuit, fut très risquée. L'atoll étant entièrement entourés de récifs, la passe d'entrée était invisible. Or, les fonds remontent de 150m à 0m en quelques secondes. Nous avons donc approchés en mettant l'alarme de fond à 100m. 10 secondes après qu'elle se soit mise à sonner, nous étions dans 6 m de fond... belle panique ! A peine nous mettions l'ancre, qu'en reculant, nous atteignions les 50m de fond... A force de tâtons, nous avons trouvé une poche de sable ou l'ancre s'est bien accrochée, heureusement, nous avons ainsi pu passer une fin de nuit plus calme, et Evelyne digérer ses premières grosses émotions.

Le lendemain, nous avons enfin pu pénétrer ce paradis qu'est lightouse reef, en mouillant devant Half Moon Cay. C'est la caricature de l'île paradisiaque : Ilot de sable blanc, couvert de cocotiers, ou nichent des centaines d'oiseaux, et ceinturée d'une eau turquoise par 3 mètres de fonds à perte de vue... En plus, l'accueil que nous réservèrent les scientifiques basés sur l'île fut très chaleureux, puisqu'ils nous ont emmenés sur une superbe plongée bouteille avec eux, ainsi qu'au Blue Hole, distant de 10 miles.

Le Blue Hole est une curieuse formation géologique. Le toit d'une caverne s'est effondré, laissant s'engouffrer l'eau qui se trouvait au dessus. Cela donne une fosse de 400m de diamètre, parfaitement circulaire, de 150m de fond, plantée au beau milieu d'une vaste étendue de 3m de fond. Bon, cela ne vaut vraiment le coup que vu d'avion, le bleu profond se détachant magnifiquement du turquoise. La plongée y est parait-il, intéressante, au milieu des stalagmites et tites, et des requins... mais nous n'avons pas tenté.

Nous avons passé là 3 jours, profitant pleinement de tous les bienfaits dont la nature a doté ce bout de terre, avant de pointer vers un autre atoll, plus au Sud, Glover Reef. Même environnement d'eaux turquoises et de petits îlots, ou nous avons fait de belles chasses sous marine, tant la faune est abondante, et les eaux translucides. Nous avons également plongé en bouteille, et vu des requins chats, des raies, des tortues, des mérous... et surtout, des dauphins qui sont venus nous rendre visite, et avec qui nous avons pu nager, un moment magique !

Puis nous avons rejoint le continent, à Placencia, prendre un peu de repos, et se promener dans ce curieux village, totalement isolé, construit sur le sable, à l'ambiance très très détendue. En partant, nous avons fait une courte halte à Monkey River, espérant remonter en annexe une belle rivière, mais déçus de n'y voir, en fait, rien d'intéressant, si ce n'est le village qui se trouve à l'embouchure, totalement coupé du monde. Tous les villages le long de la côte du Belize sont d'ailleurs très isolés, et les ambiances sont très particulières.

Dernière halte Belizéenne à Punta Gorda, pour y faire notre sortie officielle, et nous voilà en route vers le Guatemala.

Notre séjour au Belize fut très riche, tant sous l'eau que sur terre. Le foisonnement de vie sous marine était vraiment incroyable. Mettre la tête sous l'eau garantissait de superbes rencontres dans des eaux translucides. Quand aux villes, totalement différentes du reste de l'Amérique Centrale, elles ressemblent à la Jamaïque, peuplées à majorité de noirs, musique Reggae, architecture créole, rythme de vie tranquillou, et en tout cas, très sympathiques. Dès que nous avons eu un problème, les gens se mettaient naturellement à notre disposition pour un coup de main toujours bienvenu.

Bref, une excellente escale !

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